Sensations de marée

« Sensations de marée »

Rochebonne6b_copie_originalDéjà en chemin, les sensations sont là.
Il fait encore nuit et il n’y a personne à l’endroit que j’ai choisi pour profiter de la marée.
Même si je ne sais pas calculer la marée et le vent comme un marin, je sais tout de même si le vent est orienté favorablement et si je dois m’attendre à un simple clapot ou bien à un bon train de houle.
S’il n’y a qu’un simple clapot de prévu, alors j’avoue que je ne me déplace pas.
J’aime quand les vagues se soulèvent et se cambrent.
Il ne fait pas encore jour mais je les devine, je sens monter la colère de la mer qui essaie de reprendre la place qui lui appartenait naguère.
Puis quelques habitués arrivent sur les lieux.
Le jour se lève timidement et je me cale dans un coin pour profiter à loisir du spectacle que Dame Nature nous donnera ou pas, car c’est bien elle qui décide de tout.
La mer est presque pleine, les vagues hurlent, se dressent et s’élancent à l’assaut de la digue !.
On peut entendre un claquement sec et lourd avant l’impact.
Lorsqu’il fait nuit, cela renforce cette sensation de démence de la mer, qui bave et écume à tout va.
Le vent est cinglant, les vagues rugissent, frappent et essaient d’user la pierre, qui se détache quelquefois quand la fureur de la mer est à son comble.
Puis tout doucement, les vagues s’essouflent et dans un dernier sursaut, la mer nous gratifie de belles et fortes claques au jusant, un instant que j’aime particulièrement.
Mais ne nous leurrons pas, la mer n’a abandonné la bataille que pour reprendre des forces.

 

Dominique Guillaume (Tous droits réservés – 22 Mars 2015)